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TradingContexte BRENT : un bras de fer historique !

Un immense bras de fer se joue actuellement sur les marchés pétroliers et je vous propose aujourd’hui d’en faire une petite synthèse. Depuis début 2017, l’accord de Vienne prévoit la limitation de la production pétrolière entre l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (ou “OPEP”) et la Russie. En limitant leurs productions nationales, les pays signataires de l’accord cherchent à soutenir la hausse du prix de l’or noir, suite à la dégringolade de juin 2014 à...
12 mois ago65413 min

Un immense bras de fer se joue actuellement sur les marchés pétroliers et je vous propose aujourd’hui d’en faire une petite synthèse. Depuis début 2017, l’accord de Vienne prévoit la limitation de la production pétrolière entre l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (ou “OPEP”) et la Russie. En limitant leurs productions nationales, les pays signataires de l’accord cherchent à soutenir la hausse du prix de l’or noir, suite à la dégringolade de juin 2014 à janvier 2016 où le baril de Brent, par exemple, était passé de 115$ à 27$. Pour beaucoup de pays exportateurs, de tels prix n’étaient pas (et ne sont toujours pas) positifs. On compte de nombreux états au sein du cartel qui dépendent en grande partie du prix de l’or noir pour financer leurs budgets nationaux.

 

Samedi 2 juin, les principaux acteurs cités ont opéré une réunion technique visant à préparer l’énorme rendez-vous du 22 juin, à Vienne. C’est clairement une date à noter. En effet, l’Arabie Saoudite et la Russie pourraient y annoncer une hausse progressive de leurs productions. Si les objectifs annoncés sont importants, nous pourrions assister mécaniquement à une baisse des prix de l’or noir. C’est pourquoi, à titre personnel je sortirai totalement de ce marché entre le 20 et le 25 juin, par précaution (étant acheteur sur le long terme). Dans les faits, on peut s’attendre à ce que ce petit “retour à la normale” ne soit pas trop violent et qu’il reste ponctuel. Et ce, pour deux raisons.

 

Premièrement, l’Arabie Saoudite, et encore moins la Russie, n’a intérêt à voir le baril connaître une nouvelle chute majeure. Les deux pays ont d’énormes besoins financiers en ce moment. Sans être exhaustif, on peut citer le coût monstrueux de la guerre au Yémen pour le premier, et l’impact des sanctions internationales sur l’économie du deuxième suite à son annexion de la Crimée et les troubles qui suivirent dans le Donbass en 2014 et 2015. La géopolitique, ça se finance… Les investissements pour l’après-pétrole aussi. Mais surtout, l’Arabie Saoudite devrait introduire Saudi Aramco en Bourse en 2019. Plus précisément, le royaume souhaite introduire jusqu’à 5% du capital de l’entreprise. Cette dernière est valorisée 2 000 milliards de dollars. Oui … vous avez bien lu, ce n’est pas une erreur de ma part : la compagnie pétrolière saoudienne “pèserait” à titre comparatif autant que 78% du PIB français (estimé aux alentours de 2 570 milliards de dollars).

 

Or, pour que cette introduction en bourse (à hauteur de 100 milliards de dollars donc) soit un succès, Riyad a besoin d’un baril fort. Sous peine de repousser (à nouveau) cette IPO historique. Tant côté russe que saoudien, personne n’a d’intérêt à ce que le marché soit bouleversé par cette probable annonce du 22 juin. Mais d’autres acteurs plus imprévisibles sont également de la partie, comme toujours. Je pense à l’Angola, au Vénézuela (où Maduro vient d’être réélu) mais surtout à l’Iran. Ou plutôt à la réaction américaine face à Téhéran, suite aux déclarations de Donald Trump. Le Président américain sort en effet son pays de l’accord sur le nucléaire iranien comme vous le savez bien, assurant que des “sanctions historiques” seraient à nouveaux prises contre le régime chiite. L’Europe ne sait pas sur quel pied danser face à cette position belliqueuse.

 

Concrètement, le retour de ces sanctions devrait freiner la capacité iranienne à exporter à nouveau son pétrole sur les marchés internationaux. Cette seule annonce a provoqué une bonne partie du regain haussier que l’on a vécu ensemble sur le Brent (et le WTI) ces derniers jours, suite au décryptage réalisé lors des séances en direct (mes points de marché). Un nouveau durcissement de ton de la part de Washington dans les prochaines semaines accentuerait encore ce mouvement haussier. Pour l’heure, l’Iran continue d’exporter à un rythme élevé et l’impact boursier est surtout lié aux spéculations des investisseurs. Vous l’avez compris, le bras de fer se joue donc entre la géopolitique (en particulier dans le Golfe persique et au Moyen-Orient) et la probable annonce de hausse de la production des pays signataires de l’accord de Vienne. Les investisseurs craignant donc que la production mondiale ne devienne trop abondante (et faisant mécaniquement baisser les cours du baril). Une autre clé de compréhension provient de la Chine et plus précisément de ses chiffres de balance commerciale : le pays étant le premier importateur mondial d’or noir. Ceux du mois de mai seront publiés vendredi 8 juin. Mais ce sera le sujet d’une autre publication ou d’une séance en direct.

 

Brent : représentation Heikin Ashi en unité de temps hebdomadaire

 

Pour cette première analyse dédiée au Brent sur ce blog, prenons un peu de hauteur ! Volontairement, j’ai choisi la plus grande unité de temps disponible sur MetaTrader 4 pour indiquer mes niveaux de long terme. Tant que le support des 50,0% de Retracement de Fibonacci de long terme (autrement dit : la zone 71,00 / 71,35$) tient bon, je n’envisage aucun retour baissier de moyen terme. Et ce, en rappelant l’énorme appel à la prudence que je m’imposerai en sortant totalement du marché entre le 20 et le 25 juin. L’objectif des 79,80$ le baril me semble réaliste, bien qu’il fût déjà indiqué (et atteint) auprès des participants aux points de marché ces dernières semaines. Il est volontairement défini légèrement en dessous de la résistance symbolique des 80,00$.

 

Article rédigé le 6 juin 2018.

 

Niveaux techniques en D1 :

  • Résistance 2 : 81,82$
  • Résistance 1 : 80,00$
  • Frontière technique : 71,00$ / 71,35$
  • Support 1 : 65,00$
  • Support 2 : 60,90$

 

Pour aller plus loin :

 

Dorian Abadie
Directeur Trading FWA

 

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