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TradingDossier turc : et maintenant ?

C’est donc le troisième article de cette série dédiée à la crise turque ! Ces dernières heures, les investisseurs ont continué de faire baisser les principaux indices européens et la devise unique, comme anticipé dans mes dernières analyses et séances de point de marché en direct. La prochaine séance aura d’ailleurs lieu ce jeudi à 19h15. Ce sera évidemment l’occasion de faire le point sur la situation en présentant les analyses techniques mises à jour....
10 mois ago130714 min

C’est donc le troisième article de cette série dédiée à la crise turque ! Ces dernières heures, les investisseurs ont continué de faire baisser les principaux indices européens et la devise unique, comme anticipé dans mes dernières analyses et séances de point de marché en direct. La prochaine séance aura d’ailleurs lieu ce jeudi à 19h15. Ce sera évidemment l’occasion de faire le point sur la situation en présentant les analyses techniques mises à jour. J’évoquais ces derniers jours la sanction douanière infligée par Washington à Ankara. La réponse ne s’est pas faite attendre : hier, la Turquie a doublé les droits de douane sur plusieurs produits américains qu’elle importe. L’alcool (+140%), le tabac (+60%) et les voitures de tourisme (+140%) sont notamment visés. Dans les prochains jours, d’autres secteurs pourraient être taclés selon plusieurs sources turques. La première victime de cette politique est la population, déjà en proie à une inflation très importante (+16% sur un an).

 

Le cas du pasteur Andrew Brunson est toujours au centre de cette crise diplomatique entre les deux pays. Les observateurs les plus optimistes espèrent sa libération prochaine ; ce geste d’Erdogan permettrait de débloquer quelque peu la situation à court terme. Pourtant, rien ne permet de l’affirmer ! Pour l’heure, le pasteur est détenu en résidence surveillée, en attendant son procès pour terrorisme. La justice turque a d’ailleurs rejeté sa demande de libération et lui interdit formellement de quitter le territoire national. Les tensions sont donc croissantes avec Washington et le risque de contagion de la crise turque aux économies européennes reste au coeur des craintes des investisseurs. Et ce, malgré le nouveau petit rebond de la livre turque mercredi face au dollar américain.

 

Suite à mes précédents articles, la banque centrale turque sous l’emprise d’Erdogan continue de refuser toute hausse de ses taux. C’est une arme pourtant classique pour lutter contre l’inflation croissante d’un pays. Son taux de financement de référence est toujours de 17,75%. Le taux à un jour pour se procurer des liquidités est de 19,25%. Autres chiffres révélateurs de la situation : les entreprises turques sont fortement endettées, à hauteur de 70% du PIB dont 35% en devises. Notamment en dollar américain. Or, ce dernier ne cesse de se renforcer depuis le début de la crise, pénalisant d’autant plus fortement le secteur privé turc. Et ce, en plus de la politique de la Fed qui vise petit à petit à rehausser son taux directeur comme vous le savez. La Turquie est d’ailleurs le pays émergent avec le plus de dette en dollars. Son secteur privé est donc en première ligne face à la hausse progressive des taux d’intérêt américains.

 

Pour information, d’autres pays émergents montrent dans ce contexte quelques petits signaux d’alerte. Ainsi, le rand sud-africain et les pesos mexicain et argentin ont été chahutés face au dollar américain ces derniers jours. Le billet vert enregistre de nouveaux plus hauts annuels face à un panier de devises de références, dont l’euro. En témoigne le test du support psychologique des 1,1300$ sur EURUSD, mercredi. Et pour ne rien arranger à ce contexte déjà chargé, les cours du brut baissent fortement depuis l’annonce par l’EIA (l’agence américaine d’information sur l’énergie) d’une hausse surprise des stocks US de pétrole brut, la semaine passée. De quoi accentuer encore plus la baisse des indices boursiers. La hausse du dollar et les inquiétudes autour de la demande mondiale (notamment accentuées par la guerre commerciale lancée par Donald Trump, en particulier envers Pékin) pèsent également à la baisse sur les prix des métaux industriels. Le secteur des ressources de base en Europe a par ailleurs baissé de 4,15% hier, constituant un record depuis juin 2016. La trame est donc lourde et il est temps de mettre à jour mon analyse technique sur l’indice boursier allemand.

DAX30 : représentation en unité de temps H4 (Heikin Ashi)

 

Point technique :

D’ici vendredi soir, je vais garder la même approche que celle défendue depuis près d’une semaine sur le DAX30, via mes analyses et séances en direct. Mais naturellement, je dois mettre à jour les niveaux qui m’intéressent suite à la forte baisse de l’indice enregistrée ces dernières heures. En parallèle, je vais diviser par deux les volumes dédiés à mes ordres boursiers pour les deux dernières séances de la semaine. En effet, à mesure que le week-end approche, je vais adopter une approche plus conservatrice pour éviter de rester en overnight jusqu’à lundi matin (craignant le risque de gap d’ouverture à 8h00, suite aux possibles développements de ce week-end). Je vous propose de résumer les principaux points de ma stratégie présentée ces derniers jours :

  • J’attendrai la fin de matinée, voire le début d’après-midi pour entrer sur le marché.
  • A nouveau, je ne vais prendre que des opérations de Scalping (de 5 à 10 points d’amplitude). Comme ce mercredi, il se peut qu’il y ait quelques rares exceptions sur 20 points, en cas de fortes accélérations baissières (voir l’historique de performance présenté en séance ce soir à 19h15).
  • Toutes ces opérations seront prises à la baisse, sous la frontière technique mise à jour sur les 12 390 points (61,80% de Retracement de Fibonacci de court terme).
  • Si ce mouvement de panique devait se maintenir, le support majeur le plus proche fixé par les Retracements de Fibonacci est indiqué sur les 12 085 points (100,00%). Ce niveau a d’ailleurs été frôlé mercredi pour la première fois depuis le 28 juin.

 

 

Malgré tout, j’aime rappeler que les investisseurs sont comme des enfants capricieux. Ils passent d’un “jouet” à l’autre très rapidement et pratiquent facilement la politique de l’autruche. Ainsi, ma seule préoccupation est de savoir s’ils continueront en cette fin de semaine à se concentrer sur ce dossier critique. D’où l’importance de surveiller la frontière technique et de ne rien faire en matinée. Si les cours devaient repartir au-dessus des 12 390 points : je ne ferai rien. Dans ce cas précis : ne pas trader, c’est aussi trader !

 

Niveaux techniques en H4 :

  • Résistance 2 : 12 575
  • Résistance 1 : 12 485
  • Frontière technique : 12 390
  • Support 1 : 12 255
  • Support 2 : 12 085

 

Pour aller plus loin :

 

Dorian Abadie
Directeur Trading FWA

 

Article rédigé le jeudi 16 août 2018.

 

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