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TradingRound 2 ! Paralyser les Etats-Unis

L’analyse d’aujourd’hui porte sur les séances du 31 octobre et du 1er novembre. Nouvelle séquence historique ! Mardi 6 novembre, les Américains sont appelés à voter pour les “midterms” : les élections de mi-mandat. Ces dernières peuvent totalement faire basculer les ambitions de Donald Trump. Vont-elles renforcer son pouvoir ou au contraire paralyser totalement l’action politique de la Maison Blanche ? Je vous propose de faire le point sur cette situation, en parallèle de l’énorme...
5 mois ago71325 min

L’analyse d’aujourd’hui porte sur les séances du 31 octobre et du 1er novembre. Nouvelle séquence historique ! Mardi 6 novembre, les Américains sont appelés à voter pour les “midterms” : les élections de mi-mandat. Ces dernières peuvent totalement faire basculer les ambitions de Donald Trump. Vont-elles renforcer son pouvoir ou au contraire paralyser totalement l’action politique de la Maison Blanche ? Je vous propose de faire le point sur cette situation, en parallèle de l’énorme bras de fer qui se joue actuellement entre Rome et Bruxelles. Tout d’abord, je tiens à mentionner une évidence pour la plupart d’entre vous mais qui ne fait pas de mal à rappeler. La vie politique américaine est totalement centrée sur deux grandes factions : les Républicains dont est issu Donald Trump et les Démocrates d’Hillary Clinton, son adversaire lors des élections présidentielles de novembre 2016.

 

Ces deux partis s’affrontent dans moins d’une semaine pour prendre le leadership sur la politique américaine, alors que Donald Trump est à la moitié de son (premier ?) mandat. D’où le nom des élections à venir qui ont toujours lieu à mi-mandat présidentiel, soit deux ans après la précédente élection majeure et deux ans avant la prochaine. L’enjeu ici est de renouveler les deux chambres du Congrès américain et donc de définir quel parti aura la capacité d’orienter les choix législatifs de la première puissance mondiale pour les deux prochaines années à venir. En effet, toute loi américaine doit être validée par les deux Chambres ! Vous l’avez déjà compris mais si ces deux paroisses tombent dans le giron des Républicains, Trump sera renforcé. A l’inverse, si l’une (voire les deux) Chambre(s) devienne(nt) Démocrates, l’agenda politique de la Maison Blanche sera paralysé. Le plus souvent possible, j’aime vous rappeler que les investisseurs ont horreur de l’instabilité politique. En particulier dans les pays influents. Or, je pense que si les Démocrates ont la possibilité de bloquer Trump, la situation sera sanctionnée sur les grands indices occidentaux tant le Président américain a gagné les faveurs de Wall Street depuis son élection. Faisons donc le point sur la situation.

 

Depuis les élections de mi-mandat de novembre 2014, les Républicains sont majoritaires dans les deux Chambres du Congrès, suite à la débâcle encaissée par le camp Démocrate de Barack Obama. En parallèle, 33 des 50 États américains sont aujourd’hui entre les mains de gouverneurs Républicains.

 

  • Sénat : 51 Républicains / 46 Démocrates

Le Sénat américain est composé de 100 sénateurs élus pour six ans, soit 2 par État américain. Aujourd’hui, 51 sièges sont acquis aux Républicains, contre 49 pour les Démocrates. Le 6 novembre prochain, un tiers de ces sièges seront renouvelés. On pourrait donc se dire que la tâche sera simple pour les Démocrates : gagner deux sièges leurs permettraient de remporter la majorité absolue au Sénat. Or, le découpage électoral aux Etats-Unis leurs rend la tâche pratiquement impossible. En effet, sur les 35 sièges qui sont en jeu en novembre, 26 sont occupés par des Démocrates et leurs alliés. Parmi ces derniers, 10 sénateurs semblent particulièrement en danger dans leur réélection car ils sont issus d’Etats conquis en 2016 par Donald Trump, contre un seul élu républicain provenant d’un fief acquis à Hillary Clinton lors de ce vote. Autrement dit, il est très peu probable que le Sénat tombe entre les mains des Démocrates.

  • Chambre des Représentants : 236 Républicains / 193 Démocrates (6 Vacants)

La Chambre des Représentants est composée de 435 élus pour deux ans. Lors des élections de mi-mandat, tous les sièges seront en jeu ! Chaque État américain a un nombre d’élus correspondant à son poids démographique. Les Démocrates doivent gagner 23 sièges pour obtenir la majorité à la Chambre. Cet enjeu semble réaliste. S’ils y parviennent, ils pourront alors bloquer le programme législatif de la Maison Blanche, autrement dit de Donald Trump. Par ailleurs, les Démocrates auraient alors le pouvoir de présider des commissions capables de lancer des enquêtes et d’assigner des ministres de l’administration Trump pour des auditions sous serment sur des sujets variés comme le budget, la défense ou encore la justice. On peut facilement imaginer ici un nouvel élan pour les investigations en lien avec les soupçons de collusion entre l’équipe de campagne de Trump et la Russie, lors des élections présidentielles de 2016. Accélérer ces recherches provoquerait à nouveau des attaques baissières sur les grands indices boursiers américains. Et par contagion, occidentaux. La Chambre des Représentants peut également lancer une procédure de destitution du Président (ou “impeachment”) mais elle ne peut pas aboutir sans une large majorité au Sénat. Ce dernier scénario semble très peu probable, à ce stade.

 

Je ne rentre pas plus dans le détail car les investisseurs vont surtout se concentrer sur l’issue des enjeux évoqués précédemment. Sachez seulement qu’une grande partie des Américains vont par ailleurs élire leurs juges, shérifs, procureurs généraux, maires mais aussi voter dans le cadre de référendums locaux sur des sujets très variés comme l’assurance maladie, les impôts, l’avortement, le cannabis à usage récréatif, le salaire minimum etc …

 

Donald Trump : Bilan économique de mi-mandat plutôt honnête, réalisé par France 24.

(Si Sophie de Menthon vous donne de l’urticaire, je peux comprendre.)

 

Plus largement, ces élections de mi-mandat sont traditionnellement une sorte de sondage de satisfaction de l’action présidentielle exercée sur les deux précédentes années. Or, le moins que l’on puisse dire est que l’action et la personnalité de Donald Trump ont largement divisé les Américains. Ce n’est pas un jugement de valeur de ma part (je ne travaille pas à Libération…), dans la mesure où je me fous royalement de ce que représente le personnage et que seuls les résultats de sa politique, surtout internationale, m’intéressent. Vraiment. Ceci étant dit, ces élections représentent en effet la première occasion pour les Américains de voter depuis les présidentielles de novembre 2016. Au-delà de l’enjeu lié à la possible paralysie de la politique américaine, ce vote permettra surtout de tester la popularité de Trump auprès du peuple américain.

 

La cohabitation entre les deux partis semble donc être le scénario le plus probable à en croire les principaux instituts de sondage américains. Autrement dit, Donald Trump risque d’être très fortement limité dans son action politique pour les deux prochaines années dans l’hypothèse où les Démocrates remporteraient la Chambre des Représentants. Un véritable barrage contre les propositions de loi de l’administration Trump serait alors opéré. D’autant que les récents exemples historiques ont montré que l’opposition s’est très souvent montrée très virulente contre la Maison Blanche afin de se faire entendre auprès de l’opinion publique. Quitte à rejeter en bloc toute proposition du camp opposé, sans concertation …

 

Le média américain NBC se permet le constat suivant que je trouve très intéressant : “Depuis la guerre de Sécession (1861-1865), le parti du Président a perdu en moyenne 32 sièges dans la Chambre et deux au Sénat lors de chaque élection de mi-mandat”. Plus simplement, la très grande majorité des instituts et médias américains tablent sur une victoire des Démocrates à la Chambre des Représentants, à cause de l’impopularité de Trump et d’un vote “sanction” assez traditionnel après deux années seulement de pouvoir. A ce stade, je dois vous avouer quelque chose que les personnes qui me suivent depuis XTB savent bien : je n’ai absolument aucune confiance dans les instituts de sondage. Par habitude (Brexit, élection de Trump, élection italienne…). De récents évènements me confortent non seulement dans mes convictions quant aux biais méthodologiques mais… pas seulement ! Cette absence de confiance, pour ne pas dire ce “mépris”, se manifestera pour ma part d’une manière très simple vis-à-vis des élections de midterms : par tradition, je n’aurai plus aucun trade sur indice occidental ouvert le vendredi 2 novembre au soir, une fois la clôture de Wall Street effective. Par extension, et compte tenu de l’importance de l’évènement, je ne chercherai à trader sur indices occidentaux et dollar américain qu’à partir de mercredi 7 novembre, 14h00. Chaque détail a son importance. “Ne pas trader, c’est aussi trader !”.

 

En prolongeant les questions actuelles, ne perdons pas de vue qu’au-delà de l’enjeu ponctuel, il s’agit surtout pour Donald Trump de s’assurer un tremplin plus ou moins confortable pour les prochaines présidentielles de 2020. En parallèle, aucune figure ne semble vraiment émerger côté Démocrate. Obama est régulièrement appelé à la rescousse lors de meetings locaux pour soutenir quelques candidats. Son camp a besoin de se reconstruire rapidement et massivement, alors que les prochains présidentielles approchent à grands pas et qu’il ne fait aucun doute que Trump se représentera. Ces élections de mi-mandat sont cruciales pour tout l’équilibre politique américain. Gardez à l’esprit que cette analyse n’est que la première de ce long mois de novembre ! A suivre 😉

EURUSD : Représentation en unité de temps hebdomadaire (Chandeliers Japonais)

Suivi des scénarios de Trading présentés ces derniers jours

 

Point technique :

Les élections de mi-mandat seront décisives pour le dollar américain. Grâce aux dernières séances en direct, vous savez exactement pourquoi je suis méfiant (sondages & NFP de vendredi à 13h30 !) mais j’aimerais rappeler ici quelques éléments importants tant le chartisme s’associe avec l’analyse fondamentale. Tout d’abord, la capture d’écran ci-dessus a été tracée en unité hebdomadaire, sur la parité-reine EURUSD. Une grande épaule-tête-épaule oblique se dessine entre les différentes droites verticales. Cette dernière n’est pas sans vous rappeler ce que nous avons déjà étudié sur l’indice allemand DAX30 ces derniers temps. La particularité de cette ETE sur EURUSD repose sur la proximité entre la ligne de cou et la SMA(200). C’est un phénomène rare sur une grande unité de temps. A titre personnel, je privilégie toujours l’importance de ce support dynamique sur les grandes UT. En cas de rupture de ce dernier, les objectifs peuvent paraître lointains mais j’aurais tendance à me limiter aux 1,1210$ (au grand maximum) dans un premier temps. Et ce, seulement si la SMA(200) cède, de sorte à ne pas avoir besoin de sortir du grand canal descendant (en rouge) ou briser les 61,8% de Retracement de Fibonacci pour valider mon Take Profit. Affinons tout cela au jour le jour lors des prochaines séances 🙂 !

 

Niveaux techniques en W1 :

  • Résistance 3 : 1,1800$
  • Résistance 2 : 1,1710$
  • Résistance 1 : 1,1600$
  • Frontière technique : 1,1500$
  • Support 1 : 1,1450$
  • Support 2 : 1,1310$ (SMA(200) en W1)
  • Support 3 : 1,1185$

 

Précision importante quant à mes sources :

Je tiens à préciser que je me suis reposé sur l’éclairage de France 24 et de France Info en ce qui concerne le décryptage de la vie politique du Sénat et de la Chambre des Représentants aux Etats-Unis. Rendons à César ce qui appartient à César ! N’étant pas spécialement expert de la vie parlementaire américaine, je tiens à indiquer ma principale source pour vous inviter à développer vos propres recherches. Merci à leurs journalistes tant le sujet est complexe !

 

Pour aller plus loin :

 

Dorian Abadie
Directeur Trading FWA

 

Article rédigé le mercredi 31 octobre 2018.

 

Disclaimer :

FWA informe les participants que les informations contenues dans cet article ne constituent pas, en aucune manière, une sollicitation ou incitation à acheter ou vendre des produits financiers. Toute utilisation par les participants des informations contenues dans cet article, et à cet égard toute décision que ces lecteurs viendraient à prendre relativement à une éventuelle opération d’achat ou de vente, sont sous la responsabilité exclusive des lecteurs, qui le reconnaissent et l’acceptent préalablement à leur lecture.

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