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TradingRound 8 : Crise majeure à Londres ?

L’analyse d’aujourd’hui porte sur les séances du 14 au 18 janvier 2019. Deux actualités majeures occupent les investisseurs en ce début d’année. Mais ce ne sont que des mises à jour de dossiers largement évoqués ici : la guerre commerciale sino-américaine et le Brexit. A ce stade de développements, les négociations entre Pékin et Washington alimentent pour bonne partie le biais haussier que l’on connaît sur les indices occidentaux depuis le début de l’année, alors...
1 mois ago34731 min

L’analyse d’aujourd’hui porte sur les séances du 14 au 18 janvier 2019. Deux actualités majeures occupent les investisseurs en ce début d’année. Mais ce ne sont que des mises à jour de dossiers largement évoqués ici : la guerre commerciale sino-américaine et le Brexit. A ce stade de développements, les négociations entre Pékin et Washington alimentent pour bonne partie le biais haussier que l’on connaît sur les indices occidentaux depuis le début de l’année, alors que les craintes autour de la crise politique à Londres menacent ce rebond. Je vous propose de faire le point sur la situation car tout au long de cette nouvelle semaine, ce bras de fer devrait continuer d’être au centre des attentions des opérations boursiers.

 

Mardi 15 janvier, le texte de divorce européen négocié par Theresa May à Bruxelles sera présenté à la Chambre des Communes. Un vote négatif aggraverait très sérieusement la crise politique et plongerait surtout le pays dans l’inconnu. Dès lors, tout est possible ! Une démission de Theresa May donc de nouvelles élections législatives, par exemple. Ou encore, un nouveau référendum appelant les Britanniques à se prononcer une deuxième fois sur la question du divorce européen… La Première ministre semble totalement opposée à cette dernière option. Du moins, pour le moment. Troisième option, préférable pour les investisseurs qui ont horreur de l’instabilité politique comme je vous le dis souvent : May pourrait retourner vers l’Union européenne pour négocier un nouvel accord. L’idée serait alors de s’inspirer de la relation particulière qui unit la Norvège à l’Union européenne. Ou de créer un nouveau standard.

 

Il semble pratiquement certain que le vote de mardi sera un échec car les négociations de ces dernières semaines n’ont pas permis de créer une majorité autour du texte proposé par le gouvernement conservateur. Pourtant, May avait décalé à la dernière minute ce même vote, d’abord prévu le mardi 11 décembre 2018 car il était déjà condamné à l’échec. Ce report devait alors permettre de créer une majorité à la Chambre des Communes après de dures négociations. Depuis le début de l’année, la Première Ministre est affaiblie par plusieurs tacles. Mercredi 9 janvier, les députés ont adopté un amendement obligeant le gouvernement à dévoiler un plan B en cas d’échec du texte. Les gages proposés aux députés pour les convaincre ne devraient pas suffire et ce nouveau vote devrait forcer les équipes de May à dévoiler sous trois jours (contre 21 jours jusqu’à présent) une nouvelle proposition. Si le vote de mardi est négatif, il faudra donc suivre la situation de près d’ici vendredi soir.

 

Autre camouflet, mardi 8 janvier, la Chambre a adopté une mesure forçant le gouvernement à obtenir la validation du Parlement en cas de “no-deal”. Autrement dit, en cas d’absence d’accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Avec ce texte, le Parlement semble vouloir reprendre en main le dossier et affaiblit fortement la Première ministre, même au sein de son propre parti qui est plus plus divisé que jamais. Pour l’heure, le gouvernement continue d’affirmer que le pays quittera l’UE à la date prévue, le 29 mars prochain. Ce fameux “no-deal” est sans aucun doute le scénario le plus craint par les investisseurs et il semble de plus en plus probable. Qu’entrainerait-il ? Sans accord définissant clairement les futures relations entre le Royaume-Uni et l’UE, un très grand nombre de questions seraient en suspens. Et ce, en matière d’économie, de libre-circulation des citoyens, de sécurité …

 

“Theresa May subit un revers sur le Brexit à la Chambre des communes”

Source : France 24

 

Les transports pourraient être littéralement paralysés provoquant un véritable chaos si aucune solution provisoire n’est rapidement négociée en cas de no-deal. Par exemple, les compagnies aériennes britanniques et européennes perdraient leur droit automatique d’opérer des vols entre les deux zones. La libre-circulation des citoyens serait alors remise en cause. Il en va de même pour les entreprises qui importent ou exportent leurs marchandises ou services d’une zone à l’autre. Il faudrait alors remplir de nouvelles déclarations de douane et certainement payer de nouvelles taxes … Un embouteillage de dizaines de camions a été volontairement créé par le ministère des transports britanniques dans le Sud-Est de Londres en début d’année pour tester le scénario d’un Brexit sans accord, valable après le 29 mars. Petit à petit … on se prépare donc au pire ! Plus anecdotique, c’est aussi l’accès à certains services en ligne comme Spotify ou Netflix qui pourrait être remis en cause pour les Britanniques. Dans le même esprit, nos voisins bénéficient comme nous de l’itinérance : autrement dit, de la possibilité d’utiliser son forfait téléphonique sans frais supplémentaire dans toute l’UE. Toute personne sur le sol européen et ayant un service contracté au Royaume-Uni ne profiterait plus de cet avantage. Quant aux achats en ligne, les frais de livraison augmenteraient avec la fin de la TVA allégée.

 

Les différents pays concernés se préparent à cette hypothèse. Une enveloppe de 2,2 milliards d’euros serait rapidement allouée à 26 ministères et départements britanniques en cas de no-deal pour tenter de s’organiser en urgence. Gavin Williamson, ministre de la Défense Outre-Manche, a assuré que 3 500 militaires sont prêts à intervenir pour soutenir les services gouvernementaux qui le demanderaient en cas de paralysie partielle. Plusieurs médias britanniques évoquent d’ailleurs une hausse rapide des frais téléphoniques et bancaires dans cette option, voire des pénuries de certains produits de première nécessité et de médicaments à cause des problèmes d’approvisionnements évidents. La banque centrale d’Angleterre se montre méfiante quant à un effondrement de la Livre Sterling et une hausse du chômage, suite aux troubles économiques engendrés. L’hypothèse d’un nouveau référendum en cas de no-deal serait alors fortement probable. Mais quelle serait la question exacte à poser ? La même qu’en juin 2016 ? Dans tous les cas, un tel vote prendrait au moins 4 à 6 mois pour être organisé …

 

J’insiste donc : les prochains développements à Londres sont à suivre de près. Evidemment, toute nouvelle aggravation de la crise politique aurait tendance à faire baisser les indices européens, notamment le DAX30. Allez ! Tout n’est pas sombre … Ce week-end, le ministre chinois du commerce a annoncé à la presse officielle que l’Empire du Milieu chercherait en 2019 à apaiser les tensions commerciales avec les Etats-Unis, suite aux négociations que je vous présentais la semaine dernière entre les deux pays. Une équipe de négociateurs américains avait alors passé trois jours à Pékin pour reprendre le dossier, alors que la trêve commerciale de trois mois validée entre Donald Trump et Xi Jinping devrait se terminer le 1er mars (puisqu’elle avait été annoncée en décembre dernier). Un accord peut-il être validé d’ici là ? C’est toute la question ! Jeudi 10 janvier, le gouvernement chinois avait annoncé que ces récentes négociations avaient “posé les bases” pour un accord commercial entre les deux géants. Toujours selon la presse chinoise, le ministre aurait également évoqué sa volonté de promouvoir les investissements étrangers et améliorer le système de gestion des conflits. C’est évidemment l’autre grand temps fort des semaines à venir ! Si les deux pays signent un accord sur leurs différends commerciaux, les investisseurs devraient le saluer en faisant fortement rebondir les indices mondiaux.

 

Gros bémol tout de même, les mauvais chiffres chinois dévoilés cette nuit pourraient peser sur les négociations. En effet, la balance commerciale s’est montrée particulièrement décevante avec une contraction de 4,4% des exportations sur un an en décembre (la plus forte baisse enregistrée depuis 2016) et un recul de 7,6% des importations sur un an. Ce dernier résultat laisse craindre une fragilisation de plusieurs secteurs, notamment dans l’automobile. Et plus largement, les investisseurs devraient à nouveau s’interroger sur l’affaiblissement de la croissance mondiale. Cela intervient suite à l’avertissement sur les profits d’Apple quant à ses ventes d’iPhones, en partie suscité par la baisse de la demande en Chine. Et c’est tout le sujet car Pékin est à la fois engagée dans la relance de son économie et dans les négociations avec les Etats-Unis alors que 2018 a été l’année où l’excédent commercial du pays a été le plus fort contre Washington depuis 2006. Trump a promis de fortement réduire cet écart via le bras de fer entamé l’an dernier. Ces dernières données constituent donc une mauvaise nouvelle pour les discussions en cours.

 

Enfin, j’attire votre attention sur deux derniers éléments contextuels. La saison des résultats du quatrième trimestre 2018 s’ouvre aux Etats-Unis. Citigroup publiera notamment ses données cet après-midi. Les valeurs bancaires seront surveillées pour leurs revenus en trading obligataire et actions tout au long de la semaine. Autre sujet intéressant, Donald Trump a menacé dimanche soir et lundi matin la Turquie sur Twitter en lui promettant une catastrophe économique en cas d’attaque sur les Kurdes suite au prochain retrait des troupes américaines de Syrie. Dans ce conflit, les Kurdes sont en effet des alliés de Washington et des opposants historiques à Ankara. Ces déclarations nous rappellent celles de cet été, lors de la crise diplomatique qui déchirait les Etats-Unis et la Turquie. C’est un autre dossier bien connu qui semble donc se réveiller en ce début de semaine. Je vous indique mes sources en bas d’article et là aussi, je vous invite à surveiller ces nouveaux éléments de près pour les prochaines séances. Comme toujours, je mentionnerai en temps voulus les avancées majeures de ces dossiers sur Telegram et durant mes différentes séances quotidiennes.

DAX30 : Représentation en unité de temps hebdomadaire (Heikin Ashi)

DAX30 : Représentation en unité de temps H4(Heikin Ashi)

Suivi des scénarios de Trading présentés ces derniers jours

 

Point technique :

Comme nous l’avons vu lors des dernières séances, j’ai mis à jour ma frontière technique pour l’indice allemand sur les 11 000 points. Autrement dit, tant que cette résistance psychologique n’est pas rompue, je reste vendeur sur le DAX30. La représentation en unité de temps hebdomadaire fait apparaître une tentative de retour dans le grand canal descendant tracé ensemble, suite au rebond de la semaine dernière. Malgré tout, les 11 000 points n’ont toujours pas été rompus au moment de l’écriture de cette analyse. En unité de temps H4, un signal vendeur commence à se former. Pour le respecter, je dois attendre la rupture des 23,6% de Retracement de Fibonacci afin d’entrer en position et avec pour principal objectif boursier dans les heures et séances à venir les 10 720, soit 10 points au-dessus des 38,2% de Retracement de Fibonacci de court terme. C’est le principal niveau indiqué lors de la séance du dimanche 13 janvier.

 

Par extension, d’autres supports se distinguent sur les 10 625 et 10 545 points mais il me semble prématuré de les viser pour le moment, tant que nous n’avons pas plus d’informations sur la crise politique à Londres, sur l’évolution du dossier sino-américain ou sur les prochains chiffres économiques de cette semaine. Ce scénario baissier continue donc d’avoir ma préférence pour les prochaines séances, sous les 11 000 points. En cas de retour au-dessus de cette frontière technique, je serai obligé de travailler à la hausse. Cette possibilité n’est pas à exclure et dans ce cas, je travaillerai sur de faibles amplitudes (10 à 30 points) et de faibles volumes (2 à 3 fois moins que ce que j’investis traditionnellement sur le DAX30 sous les 11 000 points). Enfin, je ne compte pas rester en overnight entre mercredi et jeudi car le PIB annuel chinois pour le quatrième trimestre 2018 sera dévoilé. C’est l’une des principales données de cette semaine et je préfère l’esquiver par sécurité.

 

Niveaux techniques :

  • Résistance 3 : 11 290
  • Résistance 2 : 11 225
  • Résistance 1 : 11 075
  • Frontière technique : 11 000
  • Support 1 : 10 810
  • Support 2 : 10 710
  • Support 3 : 10 625

 

Pour aller plus loin :

 

Dorian Abadie
Directeur Trading FWA

 

Article rédigé le lundi 14 janvier 2019.

 

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